Wisdom of Life

Message du CPM lors de la conférence de presse avec le CEREO – 08/02/2017

Bonjour et bienvenue à tous:

Voilà deux ans, pratiquement jour pour jour, le CPM (collectif des profs de morale) voyait le jour. En premier, le CPM a effectué une clarification de son identité en se démarquant de la laïcité philosophique. Ensuite, il est allé, fort de cette indépendance affirmée, à la rencontre de tous les décideurs politiques demander le respect de leurs droits, leur statut et de leurs conditions de travail En effet, porter la parole des acteurs de terrain est bel et bien dans ses objectifs premiers. A la sortie de chaque rencontre, nous avons eu droit à la gentille tape dans le dos accompagnée du récurrent: “Bien sûr, votre situation nous préoccupe. Nous allons vous aider.” Hélas, dans les décrets votés, aucune de nos demandes n’est apparue, preuve de la surdité de notre gouvernement , et ce malgré une audition au parlement de la FWB.

Il ne reste dès lors qu’une solution au membres du CPM, le dépôt d’un recours à la Cour Constitutionnelle. Avant d’en donner les contours et l’objectif, il convient de préciser les valeurs qui animent les enseignants de morale et qu’ils entendent défendre en déposant ce recours.

Les orientations fondamentales de l’enseignement officiel telles que définies dans le décret mission du 24 juillet 1997, art 6 §3: “​préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire,pluralisteetouv​erteauxautrescultures”sonticiaujourd’huimisesenpratique tandis qu’ailleurs dans certains centres d’études -précisément là où elles devraient être défendues- elles ne sont qu’un prétexte vers plus d’exclusion. Là-bas le vivre ensemble est un slogan creux. Ici, le vivre ensemble se réalise, il se concrétise et il prend vie. Ici, aujourd’hui l’enseignement officiel reprend la parole à ses représentants institutionnels pour lui redonner les couleurs nobles qu’ils lui ont enlevées.

Ici, s’entame un combat pour le respect et pour la dignité des élèves, de leurs parents, des enseignants et de tout un réseau d’enseignement. Parce que les conditions de travail des profs sont les conditions d’apprentissage des élèves. Les décrets sont écrits, votés et appliqués par des adultes. Celui ci est subi en première ligne par les enfants et leurs parents. Pour les premiers parce qu’ils sont privés d’un enseignement de qualité qu’ils sont en droit d’attendre, les seconds parce que le contrat qu’ils passent avec l’école sur ce point n’est pas respecté. Les enseignants sont à leurs côtés car ils subissent la précarisation grandissante de leurs conditions de travail et le respect de leur fonction fond comme neige au soleil. Ils constatent aussi que leur employeur ne leur garantit plus les conditions suffisantes pour accomplir leur tâche valablement et dans la dignité.

Enfin c’est tout le réseau qui pâtit des effets désastreux de ce décret qui sème la désorganisation dans les écoles. Ce réseau se retrouve l’otage de luttes politiciennes d’une autre époque. Une époque que ces collectifs présents aujourd’hui voudraient voir oubliée pour enfin entamer une ère moderne dans laquelle le vivre ensemble se consolide, s’explique, s’apprend plus qu’il ne se dispute comme un drapeau vidé de son sens entre deux camps perdants, à l’avance, d’un combat inutile.

Pour être présents, ici aujourd’hui, devant vous, les enseignants de morale non confessionnelle et des différentes religions de l’enseignement officiel ont dû se tendre la main pour passer au delà de préjugés entretenus par les différents piliers traditionnels de notre société belge.. Loin d’oeuvrer à son harmonie, certains de ces piliers sont des facteurs de division que les enseignants représentés ici entendent réparer par leur pratique quotidienne. De là, l’importance cruciale qu’ils accordent au cours de philosophie et citoyenneté, mais aussi au cours de morale et aux cours de religions qui, tous, méritent des conditions optimales d’organisation. Le CPM est conscient que cette prise de position d’ouverture à l’encontre de ce que certains définissent encore, à tort, comme le “camp d’en face” est une première. Le CPM souligne à la fois son indépendance affirmée et sa volonté farouche d’évoluer dans un cadre scolaire apaisé, refuge humaniste et pluraliste, facilitateur d’ouverture et de rencontres.

A présent, revenons sur le recours, son angle et ses objectifs. 

Christophe Bodart

Auteur: CEREO

Le CEREO est un Collectif d'Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel francophone.

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