Vifs remerciements

Le 14 juin 2017 dernier s’est tenue, dans les locaux des facultés universitaires Saint-Louis, la deuxième assemblée générale du CEREO (Collectif des Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel).

Cet événement nous a permis d’écouter et d’échanger nos opinions avec celles, d’une part, de Marie-Martine Schyns, ministre de l’Enseignement, sur les enjeux de la réforme des cours philosophiques et, d’autre part, avec des représentants des différents partis politiques francophones de notre pays, à savoir Joëlle Milquet (CDH), Georges-Louis Bou­chez (MR), Youssef Handichi (PTB), Caroline Désir (PS), Christos Doulkeridis (ÉCOLO) et Serge de Patoule (Défi) – à propos de l’avenir des cours de religions et de morale en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Une telle rencontre réunissant enseignants, parents d’élèves et personnalités poli­tiques était nécessaire pour trois raisons :

  • répondre aux inquiétudes et aux interrogations des enseignants et des parents d’élèves quant à l’avenir des cours de religions dans l’enseignement officiel.
  • mieux comprendre les modalités pratiques de la mise en place du cours de philosophie et de citoyenneté.
  • sensibiliser les acteurs politiques aux difficultés que rencontrent les ensei­gnants suite à cette réforme pour le moins précipitée.

Je tiens à présenter, au nom de l’équipe du CEREO, nos vifs remerciements à tous ceux qui, enseignants, parents d’élèves et personnalités politiques, ont accepté   notre invitation et nous ont honoré de leur présence.

J’en profite pour rappeler que le collectif d’enseignants de religions de l’Enseigne­ment officiel (CEREO) – toutes confessions confondues – a pour principal ob­jectif d’attester, comme il le fait depuis presque trois ans déjà, du bien-fondé des cours de religions dans l’enseignement officiel et de défendre tous les enseignants qui s’y consacrent. J’aimerais par ailleurs attirer votre attention sur le fait que le CEREO, à travers son groupe de travail, ne peut atteindre efficacement ces objec­tifs que si une grande majorité d’enseignants nous soutiennent concrètement, no­tamment par leur présence dans les actions que nous menons.

Bien que je sois conscient que les dégâts causés par la réforme des cours philoso­phiques ont provoqué une grande frustration chez beaucoup d’enseignants, je pense que celle-ci ne doit pas se muer en résignation. Nous devons, en effet, conti­nuer à défendre et à promouvoir – corps et âme – la légitimité de nos cours et le droit de nos élèves – à travers les choix de leurs parents – à bénéficier des cours de religions dans l’enseignement officiel, comme cela est énoncé en ces termes dans le Protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruc­tion. L’État, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’en­seignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformé­ment à leurs convictions religieuses et philosophiques » (art. 2).

 Pour en revenir à notre assemblée générale, je dois dire que je suis, au même titre que le reste de notre équipe, passablement déçu par le manque de mobilisation des enseignants de religion. En effet – comme le faisait remarquer dans une précédente missive mon collègue Axel De Backer, professeur de religion catholique – sur le millier d’invitations envoyées, seule une centaine de personnes (150 selon l’agence Belga) étaient présentes, ce qui me semble très peu lorsqu’on sait l’ampleur des difficultés rencontrées par les enseignants.

Vous n’êtes pourtant pas sans savoir que certains partis politiques – les mêmes qui étaient initialement à la manœuvre pour supprimer une des deux heures coutu­mières de cours de religions – continuent à s’acharner contre la seconde heure pré­vue à l’emploi du temps, c’est-à-dire qu’ils sont bien résolus à en finir avec l’ensei­gnement religieux dans notre système éducatif. Et je puis vous assurer qu’ils ne ces­seront pas tant qu’ils ne seront pas confrontés à une réelle mobilisation citoyenne.

À partir de ce constat, je ne peux que vous inviter, chers collègues enseignant(e)s mais aussi parents d’élèves, à davantage de mobilisation, afin de nous soutenir plus efficacement dans nos actions, ne serait-ce que par votre présence. Je pense sincè­rement que c’est le moins que nous puissions faire pour nos enfants et nos élèves. D’ailleurs, quel exemple moral leur donnerions-nous si nous demeurions inertes plutôt que de nous tenir debout, solidaires, prêts à défendre nos droits ? Serions-nous encore crédibles dans l’éducation de nos jeunes à la citoyenneté si nous en ve­nions à adopter une telle attitude passive et fataliste ? Bien sûr que non !

Je pense d’autre part qu’il est temps de montrer à nos élites politiques que nous sommes tous unis et solidaires dans la défense de notre cause commune. En effet, à l’heure où les politiques ne cessent de se gargariser de la notion dévoyée de citoyen­neté, il nous appartient de leur montrer que les citoyens – à travers les enseignants de religions et les parents d’élèves – sont tout à fait aptes à faire preuve d’une ci­toyenneté réellement active. Car il ne peut y avoir de véritable démocratie sans une véritable citoyenneté en actes. Une démocratie efficace ne peut se limiter à cocher un bulletin de vote ni se contenter de respecter les règles imposées en subissant docile­ment le statu quo ou les décisions injustes prises par une certaine élite politique, par ailleurs largement déconnectée des réalités sociales. Dans une société libre, tout le monde a le droit et le devoir de participer aux pratiques des institutions démocra­tiques.

Et puis, être un citoyen actif, n’est-ce pas également assumer la responsabilité de son propre destin ? Nous ne pouvons laisser le gouvernement décider de tout à notre place sans réagir.

C’est donc dans l’attente du plaisir de vous rencontrer encore plus nombreux aux prochains événements du CEREO que je vous souhaite à tous une très belle fin d’année scolaire !

 

Auteur: CEREO

Le CEREO est un Collectif d'Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel francophone.

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