Wisdom of Life

Réponse à l’article de la Libre Belgique du vendredi 20 novembre 2020, Les cours de religion doivent-ils devenir facultatifs ?

Au sein de la commission de l’Education du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, un groupe de travail chargé de réfléchir à l’opportunité de faire passer de 1 heure par semaine à 2 heures le cours de CPC, se réunira ce mercredi 25 novembre.

Mme Maison, députée Défi, avance trois arguments pour défendre ce passage de 1 à 2 heures. 

La nécessité du dialogue interconfessionnel.  Argument curieux quand les questions de confession ne sont pas abordées dans le référentiel du CPC.  Pour permettre de confronter les visions du monde des élèves ne faut-il pas que les enseignants aient de réelles connaissances et compréhension de celles-ci (théologiques, historiques, exégétiques…) ?  A moins qu’il ne s’agisse que d’organiser un débat d’opinions ?

Mme Maison, pour la enième fois, reprend l’argument selon lequel il faut arrêter de séparer les élèves selon leur religion. La députée ne semble pas savoir qu’au contraire, dans nos cours (et ceux de morale et de CPC) sont réunis des élèves qui n’ont jamais cours ensemble. 

Le troisième argument est le plus étonnant en ce qu’il contredit un des enjeux du cours de CPC : former à la citoyenneté active. Un des principes de l’Etat de droit – et de surcroît d’un Etat démocratique – est la hiérarchie des sources normatives et la nécessaire soumission des règles au principes fondamentaux contenus dans la Constitution, la Convention européenne des droits de l’homme et la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Il est dangereux d’affirmer que l’organisation d’un droit et d’une liberté doit être abandonnée parce que cette organisation est complexe.

Ce qui frappe, c’est l’indigence des arguments.  La conviction n’est que le préalable au débat démocratique ; celle-ci doit être étayée par des arguments que l’adversaire peut, raisonnablement, entendre. Mais cela suppose aussi une réelle réflexion sur ce réel qui ne passe pas : les religions sont un fait!

La seule intervention pertinente me semble être celle du député Ecolo.  Les humains ont besoin de sens, même si nous faisons l’expérience de l’incertitude, du mystère et de l’absurde. La position critique à laquelle tiennent tellement les tenants du passage aux deux heures n’a de sens (sic) que sur fond d’affirmations de sens. Or nos cours reposent sur cette conviction qu’il y a du sens et donc des sens.  Nos cours ont pour fin d’ouvrir à nos élèves cet espace, de les aider à le comprendre et à le connaître afin qu’ils puissent donner sens à leur vie et au monde. 

Penser par soi-même, évaluer, critiquer, conceptualiser, argumenter, penser contre soi-même…

Encore faut-il qu’il y ait de quoi penser. Faut-il accepter qu’il y ait quelque chose à penser. Ce réel qui résiste. Cet autre.

 

Nathalie Péterfalvi, professeur de religion catholique.

  Le 22-11-2020

 

Auteur: CEREO

Le CEREO est un Collectif d'Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel francophone.

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