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Plaidoyer pour la liberté d’expression

Plaidoyer pour la liberté d’expression

Je suis fatigué de répéter les arguments qui plaident pour le maintien de l’heure résiduaire obligatoire de religion dans l’enseignement officiel. Je renvoie donc aux articles précédents toujours disponibles sur le site web du CEREO. On peut toujours rêver d’un débat contradictoire sur le sujet, mais force est de constater que ce débat est devenu impossible, car si le camp laïque défend théoriquement les vertus du débat public, il s’est en fait retranché derrière une posture qui ne souffre pas la contradiction. Alors que la commission Education de la FWB se penche une nouvelle fois sur l’éventualité d’une suppression des cours de religion obligatoires, le Centre d’Action Laïque rappelle dans un récent article publié sur son site web les articles de foi de cette posture.

Qui, parmi l’écrasante majorité des professeurs de religion, songeraient à remettre en cause la liberté d’expression quand c’est elle, justement, qui leur permet de témoigner que l’Etat ne doit pas devenir la caisse de résonnance d’une pensée unique maquillée en neutralité ? Dans les circonstances actuelles liées à la pandémie, cet Etat considère que les librairies sont essentielles et qu’elles doivent rester ouvertes, mais que l’exercice du culte ne l’est pas et qu’il doit être suspendu. Or l’exercice du culte permet, non seulement d’exprimer, mais encore d’incarner des convictions humanistes qui, parce qu’elles refusent de confondre la politique et la Providence, départagent ces sphères respectives. Bien sûr, l’exercice du culte diffère fondamentalement des cours de religion, mais dans le contexte particulier de la Belgique, ces cours aussi attestent la réalité d’un partage entre le politique et le religieux, ce point nodal de la laïcité bien comprise. Car sans expressions visibles, vivantes et transmises de la réalité religieuse, quel partage resterait-il ? Sans contrepoint, sans « poil à gratter », la pseudo-laïcité, réduite à une idéologie excluant les différences, deviendrait l’unique pensée publiquement ressassée.

Véronique De Keyser, la présidente du CAL, résume parfaitement cette triste pensée : « La religion, l’orientation sexuelle, le genre, la pauvreté et la richesse, le lieu de naissance ne sont pas des marqueurs sociaux acceptables. Tous humains, sans distinction » (sur le site web du CAL). Supprimons donc la religion, les femmes, les hommes, les pauvres et les riches ; le programme accompli de cette pseudo-laïcité ressemblerait au meilleur des mondes, un monde insensé peuplé d’homoncules indifférenciés. Telle n’est pas la conception de l’égalité que défendent les religions enseignées à l’école publique.

Axel De Backer

Auteur: CEREO

Le CEREO est un Collectif d'Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel francophone.

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