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COMMUNIQUE DE PRESSE (29/06/2016)

Un groupe de maîtres de religion dans l’enseignement officiel fondamental a décidé de saisir la Cour constitutionnelle contre le décret instaurant un cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC). Ce décret adopté le 22 juin dernier sera appliqué dès la rentrée de septembre 2016 dans le fondamental.

Le CEREO partage entièrement les craintes légitimes des maîtres de religion qui feront bien davantage les frais de la réforme des cours dits philosophiques que les professeurs du secondaire.

Le décret fixe les conditions pour enseigner le cours d’EPC : en faire la demande à temps par lettre recommandée ; détenir un diplôme d’instituteur ou un titre de bachelier (enseignement supérieur de type court) et un titre pédagogique si le maître n’est pas nommé. Si elle manque à la formation précitée, le candidat devra en outre suivre une formation à la neutralité.

Même si les maîtres de religion (nommés et temporaires prioritaires seulement) devaient satisfaire à ces conditions, le régime de priorité dont ils pourraient prétendre dans l’octroi des heures d’EPC ne serait valable que pour l’année scolaire 2016-2017. Rien n’est donc précisé dans le décret qui pourrait les rassurer pour la suite de leur carrière.

Une autre incertitude justifie leur inquiétude : un grand nombre de maîtres de religion ne remplissent pas les conditions précitées. La plupart d’entre eux ont pourtant accumulé une expérience irremplaçable et détiennent souvent un titre spécifique, reconnu par la Communauté Wallonie-Bruxelles, pour enseigner la religion. Ces maîtres ne pourront pourtant pas donner le cours d’EPC et perdront au moins la moitié de leur horaire. Le CEREO plaide pour qu’une période transitoire suffisante et des facilités soient prévues afin que ces maîtres puissent se former en vue de répondre aux conditions requises pour enseigner le cours d’EPC.

Outre les compétences cognitives et pédagogiques de la grande majorité des maîtres de religion, le CEREO défend leurs qualités humaines essentielles pour donner un cours destiné à inculquer le sens du bien commun. Le CEREO émet cependant des réserves sur la ligne de défense des maîtres de religions qui vont saisir la Cour constitutionnelle. En effet, ces maîtres remettent en question l’existence même du cours d’EPC. Le CEREO fait pour sa part le pari qu’un cours d’EPC, couplé aux indispensables cours de religions et de morale non confessionnelle, sera de nature à susciter une émulation salutaire entre les convictions personnelles et l’acceptation positive du pluralisme par nos élèves. Il serait en effet vain de dispenser un nouveau cours destiné à mieux vivre ensemble sans faire droit aux différences, or l’affirmation religieuse, dans l’intimité de la foi comme dans l’engagement social, constitue précisément la principale différence à une conception sécularisée de la vie en société.

Auteur: CEREO

Le CEREO est un Collectif d'Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel francophone.

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