Wisdom of Life

La démocratie n’est pas qu’un mot (jeu de massacre dans les écoles primaires)

A la fin du Moyen-Age, quelques théologiens soucieux de faire droit à la subjectivité humaine imaginèrent des modèles philosophiques où les noms donnés aux choses ne correspondaient pas aux choses elles-mêmes. Plus tard, on désigna ces modèles sous le vocable « nominalisme ».

Aujourd’hui, alors que le sens et le bien communs, qui sont intrinsèquement liés, craquent de toutes parts, il se trouve dans nos contrées surdéveloppées des cohortes d’individus qui pratiquent encore la surenchère nominaliste. Ils n’ont en bouche que les mots « démocratie », « droits de l’Homme », « vivre ensemble », « citoyenneté », « neutralité », « respect » et « tolérance » mais quand il s’agit d’appliquer sur le terrain leurs nobles idéaux, il en va tout autrement de ces citoyens auto-proclamés.

Ainsi, quand début octobre, le CEREO publia sur son site web un formulaire afin que les maîtres de religions nous signalent les nombreuses entorses à la Loi et au respect élémentaire des personnes, notre site a été piraté et mis hors d’usage. 

Ainsi, quand j’ai été invité par l’Eglise orthodoxe, dans le cadre de leur émission concédée, à m’exprimer en tant que professeur de religion catholique sur les couacs de la réforme des cours dits philosophiques, la RTBF radio m’a purement et simplement censuré. A deux reprises, le service public financé par mes impôts a couvert ma parole avec des jingles publicitaires, alors que l’enregistrement avait déjà été copieusement coupé au montage.
Ainsi, des maîtres de religion en poste dans les écoles communales d’Uccle ont été empêchés de donner le cours d’EPC alors même qu’ils s’y étaient préparés en suivant avec succès toutes les formations requises par décret. Précisons que l’échevine uccloise de l’enseignement Joëlle Maison est également préposée à l’enseignement pour son parti Défi (ex FDF) qui n’est pas en reste quand il s’agit de défendre les principes démocratiques. On rappelle d’ailleurs que cette commune s’est tristement illustrée en pratiquant un véritable forcing, au mépris des lois et du respect des gens, pour inscrire les élèves à l’EPC à raison de deux heures par semaine, de sorte que la religion disparaisse de leur cursus.
Ainsi, il se trouve des maîtres devant courir entre dix, quinze et même dix-huit! établissements pour remplir leur horaire. Pour tout dire, ce sont surtout les P.O. des communes socialistes qui traitent par-dessus la jambe leurs maîtres ayant le malheur d’enseigner une religion et, dans une moindre mesure, la morale.

On pouvait s’y attendre. Depuis l’application du Pacte scolaire en 1959, les laïcs exclusivistes rongent leur frein tant ils veulent supprimer les cours de religion à l’école publique. A présent, ils voient leur objectif à porte de fusil, mais nous ne sommes pas dans une république bananière, que diable!

Au tournant des années quatre-vingt-nonante, quand Yvan Ylieff était ministre de l’Education, l’union des professeurs de morale et de religion permit de sauver leurs cours que l’on voulait déjà supprimer. C’est alors le regretté sénateur Roger Lallemand, un socialiste lui aussi qui, convaincu par les professeurs unis, mit tout son poids dans la balance pour les sauver. La leçon de cet épisode est claire : si les maîtres et professeurs de religion et de morale n’unissent pas leurs forces dans un engagement commun, leurs cours passeront à coup sûr par pertes et profits de la glorieuse assomption démocratique façon « big brother ». Il est minuit moins une.

Axel De Backer                                                                                                                        Membre du Collectif des Enseignants de Religions dans l’Enseignements Officiel (CEREO.be)

Auteur: CEREO

Le CEREO est un Collectif d'Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel francophone.

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